02.01 : la Vérité

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Overthink a Minute
3 min ⋅ 02/01/2026

La vérité, c’est que j’ai du mal à lâcher prise. La vérité, c’est que j’ai un besoin de perfection, permanent. Une perfection qui m’est propre, mais qui reste un besoin de perfection. La vérité, rien que la vérité. La vérité, c’est que je broie plus souvent du noir que ce que je veux bien laisser croire. La vérité, c’est que j’ai un rapport amour/haine avec la solitude, qui me fait me demander si j’arriverais à accepter une quelconque présence à mes côtés. La vérité, c’est que ce qui me fait le plus peur, c’est moi. Parce que j’ai des hauts, des bas. Mais pas d’équilibre. La vérité, c’est que je me suis parfois demandé s’il n’y avait pas quelque chose qui clochait. Enfin non, soyons honnête. C’est une interrogation permanente. La vérité, c’est que je viens de passer ces derniers jours à pleurer. Parce que j’en attends tellement plus. Et qu’à la vérité, c’est ce que je pense mériter. La vérité, c’est que ce qui m’a fait arrêter, c’est la culpabilité. La culpabilité parce qu’un ami m’a parlé de lui, et de ce qu’il avait affronté. La vérité, c’est que je suis impermanente et fluctuante. Dans cette vie bien rangée que je me suis construit, voilà que je me sens déjà privée d’une part de moi. La vérité, c’est que je suis dans un entre deux permanent, revêtant tel ou tel masque, dans une éternelle quête d’authenticité. Que je ne fais probablement qu’imaginer. Non mais pour qui je me prends ? La vérité, c’est que j’ai développé un certain talent pour me couper de moi, parfois. Talent qui a, comme tout chez moi, son strict opposé. Parce que la vérité, c’est que je suis tranchante. Affutée. Je dois tenir ça de mes racines allemandes. La vérité, c’est que je suis capable de me mentir, profondément, comme d’avoir un instinct assez sur. La vérité, c’est que je suis soupe au lait. La vérité, c’est que je suis perchée, sans me laisser y croire. C’est beaucoup plus simple d’y croire pour les autres. La vérité, c’est que si je croyais en moi autant que ce que je crois en le reste du monde, peut-être bien que je n’en serais pas là. La vérité, c’est que souvent, je me dis que je ferais mieux de ne pas être là. Que je ne comprends pas ce que je fais dans ce monde. Que souvent, c’est bien trop dur pour moi. Que je n’ai pas les épaules. Il n’y a qu’à me regarder : je n’ai clairement pas les épaules. La vérité, c’est que je suis bien plus faible que ce que je ne veux bien laisser croire. La vérité, c’est que je ressasse, tout ce qui se dit, tout ce qui se fait autour de moi, comme autant de façons de se blesser. Et que je peux en rester sous la couette toute la sainte journée. La vérité, c’est que j’ai oublié de vivre. Que je me contente d’exister. Pour ne pas faire de vagues. Pour ne pas m’énerver. Pour ne pas me faire envier. Pour me protéger. Surtout. La vérité, c’est que je suis une énorme poule mouillée. Que j’ai peur de souffrir. Alors je me suis coupée. Du moins, j’ai essayé. Et après mûre réflexion, ce n’est pas une solution. La vérité, c’est que je préfère donner plutôt que de recevoir. Parce que j’estime ne pas le mériter. La vérité, c’est que je sais que je suis chanceuse. Je le sais. Et ça ne m’empêche pas pour autant de m’apitoyer. Rien qu’un petit peu de temps en temps. La vérité, c’est que j’ai du mal à communiquer, à parler. Que je préfère garder mon jardin secret. Parce qu’il n’appartient alors qu’à moi de l’assumer. Que je suis terrorisée à l’idée de me montrer. Que je suis plus rassurée par le fait de me méfier. La vérité, c’est que c’est probablement la qualité que je respecte le plus : le fait d’assumer. Je sais, rien de bien bandant là-dedans. Et pourtant. Pour le moment, je n’ai rien trouvé de plus sexy. La vérité, c’est qu’il en faut beaucoup pour m’attirer. Je ne sais pas pourquoi. Ça a toujours été comme ça. Pas pour les mêmes raisons : d’abord dans un souci de protection, désormais dans un désir ancré de profondeur et de romantisme. La vérité, c’est que je suis une romantique. Ce que je n’aime pas trop montrer. Ce avec quoi j’ai beaucoup de mal à composer, même quand je finis par m’attacher à quelqu’un. La vérité, c’est que je suis froide. Snob, même. Et tout autant un petit coeur chamallow. La vérité, c’est que je suis en dualité permanente. Et la vérité, c’est que cet aveu n’est que ma vérité. 

Overthink a Minute

Par Zoé André